Jon Rahm – les dessous d’un conflit qui agite le golf mondial
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Ces derniers jours, un sujet anime les discussions dans le monde du golf professionnel: les tensions croissantes entre Jon Rahm et le DP World Tour.
Le vainqueur de plusieurs tournois majeurs a publiquement exprimé son mécontentement, mais les racines de ce différend remontent à plusieurs années et s’inscrivent dans le contexte plus large du conflit entre les grandes ligues du golf.
L’origine de la situation remonte à 2023. Cette année-là, un tribunal arbitral indépendant au Royaume-Uni a estimé que le DP World Tour avait le droit de suspendre et d’infliger des amendes à ses membres participant aux tournois de la ligue rivale LIV Golf. La décision concernait une première vague de joueurs européens ayant rejoint LIV en 2022. Tous ceux qui avaient disputé le premier événement LIV au Centurion Club, près de Londres, avaient été suspendus pour trois tournois et condamnés à une amende de 100’000 livres.
Au fil du temps, ces sanctions ont pu s’accumuler. Selon certaines estimations, les montants pouvaient atteindre environ un million de livres par saison pour certains joueurs, en fonction du calendrier et du nombre d’épreuves disputées.
Pour de nombreux joueurs européens ayant rejoint LIV, ces sanctions menaçaient également leur participation future à la Ryder Cup. Plusieurs d’entre eux ont contesté les décisions devant l’arbitrage sportif, mais le tribunal a confirmé le droit du DP World Tour d’appliquer ces sanctions disciplinaires.
Pendant un certain temps, LIV Golf a pris en charge les amendes de ses joueurs. Certains professionnels européens ont néanmoins choisi de renoncer à leur statut de membre du DP World Tour, tandis que d’autres ont préféré conserver leur affiliation afin de rester éligibles pour la Ryder Cup.
C’est dans ce contexte déjà complexe qu’est survenue, fin 2023, l’une des plus grandes surprises du golf moderne: Jon Rahm a annoncé son transfert vers LIV Golf. Quelques semaines plus tard, l’Anglais Tyrrell Hatton a lui aussi rejoint la ligue.
Tous deux se sont alors retrouvés dans la même situation que les premiers joueurs européens passés chez LIV. Pour rester membres en règle du DP World Tour et conserver une chance de jouer la Ryder Cup, ils devaient disputer au moins quatre tournois par saison sur le circuit et régler les amendes en suspens ou les contester juridiquement.
Rahm a choisi la seconde option et a déposé un recours en septembre 2024. Dans des cas similaires concernant d’autres joueurs, la procédure avait duré environ neuf mois.
Mais dans son cas, aucune audience n’a finalement été organisée. À ce jour, l’appel n’a toujours pas été examiné, une situation qui alimente les débats dans le monde du golf.
Le contexte du Ryder Cup 2025 à Bethpage Black explique en grande partie cette situation. Plusieurs responsables européens souhaitaient absolument la présence de Rahm dans l’équipe. Le capitaine Luke Donald s’était montré satisfait que Rahm ait fait appel des sanctions, tandis que Rory McIlroy avait clairement indiqué qu’il souhaitait voir l’Espagnol dans l’équipe européenne.
Sportivement, la stratégie s’est révélée payante. L’Europe a remporté la Ryder Cup à Bethpage avec deux points d’avance, Rahm et Hatton apportant à eux deux 6½ des 15 points européens.
Après la compétition, il a toutefois fallu trouver une solution durable. Dans le même temps, LIV Golf a annoncé qu’à partir de 2026, la ligue ne paierait plus les amendes de ses joueurs.
Le DP World Tour a alors proposé un nouvel accord aux joueurs concernés. Pour parvenir à un compromis, trois conditions étaient posées: régler toutes les amendes en suspens, accepter de disputer six tournois du DP World Tour en 2026 – au lieu des quatre requis auparavant – dont deux choisis par la Tour, et retirer toutes les procédures d’appel en cours.
Huit joueurs ont accepté ces conditions: Tyrrell Hatton, Laurie Canter, Thomas Detry, Tom McKibbin, Adrian Meronk, Victor Perez, David Puig et Elvis Smylie.
Un seul joueur ne l’a pas fait: Jon Rahm.
L’Espagnol critique notamment l’obligation de disputer six tournois au lieu de quatre. Il estime également avoir été encouragé à faire appel des amendes pour faciliter sa participation à la Ryder Cup, et considère qu’il est désormais confronté à de nouvelles exigences.
De son côté, le DP World Tour estime avoir déjà fait d’importantes concessions.
Rory McIlroy s’est lui aussi exprimé sur le sujet, qualifiant l’offre de la Tour de «très généreuse» et rappelant que huit des neuf joueurs concernés avaient accepté l’accord.
Cette affaire illustre une nouvelle fois la complexité des relations entre les grandes structures du golf professionnel. LIV Golf reste un concurrent direct pour les circuits historiques, tandis que certains joueurs cherchent à évoluer sur plusieurs scènes à la fois – une situation qui génère régulièrement des tensions.
Pour Jon Rahm, une décision importante se profile désormais. Accepter les conditions du DP World Tour ou maintenir sa position déterminera en grande partie le rôle qu’il pourra encore jouer dans l’écosystème du golf européen.
Photo by Getty Images
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