Le secret du putting de Tiger Woods
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Il ne réside pas dans la perfection, mais dans quelque chose d'encore plus important.
Tiger Woods ne possède pas un mouvement de putting standard parfait. Cette conclusion avait déjà été tirée il y a de nombreuses années, lorsqu’un rapport sur les métriques de putting de Woods a été publié. Les données provenaient d’une série de putts exécutés par Woods au milieu des années 2000 sur le SAM PuttLab, l’un des outils les plus précis pour mesurer la mécanique du geste au putting.
Selon ce rapport, Woods visait à droite de la cible, ouvrait trop la face du putter dans le backswing et la refermait fortement dans le mouvement vers l’avant, «ramenant» ainsi ses putts sur la ligne. Aucun détail supplémentaire n’est développé, le rapport ne portant que sur cinq putts – un échantillon bien trop réduit pour tirer des conclusions définitives sur un joueur ayant frappé des dizaines de milliers de putts au cours de sa carrière. Un point ressort toutefois clairement: malgré un mouvement comportant plusieurs éléments, Woods reproduisait exactement le même geste à chaque tentative.
C’est précisément là que se trouve le secret de son putting performant sous pression. «Peux-tu le répéter jour après jour? Peux-tu le répéter quand ça compte? Quand je deviens trop robotique, je n’arrive plus à le répéter», expliquait Woods en 2019 dans un entretien avec Golf Digest, lors du tournage de la série en onze épisodes «My Game». Alors que certains joueurs recherchent la répétabilité à travers un mouvement très mécanique et rigide, Woods fonctionne à l’inverse.
Ce sentiment de liberté, Woods dit l’avoir appris auprès du double vainqueur du Masters Ben Crenshaw, l’un des plus grands champions de putting dans l’histoire du golf. En 2000, Woods se souvenait sur Golf Channel d’une leçon reçue de Crenshaw à Pebble Beach en 1997: «Il m’a dit:‹J’ai toujours cru qu’il fallait laisser la tête du putter passer derrière les mains, puis laisser le poids de la tête frapper la balle.› Mes mains étaient trop crispées. Je les ai relâchées, j’ai laissé la tête du putter passer derrière mes mains, puis j’ai laissé le poids du putter frapper la balle. Le week-end suivant cette leçon avec Ben Crenshaw, j’ai joué 63 et 64.»
Depuis, Woods souligne régulièrement l’importance de laisser la tête du putter venir «derrière les mains» dans le backswing et de laisser le poids du putter frapper la balle. Cette approche s’oppose à un geste très mécanique, dans lequel épaules, bras, mains et club se déplacent presque comme un seul bloc. Woods travaille cette sensation fluide en frappant des putts courts uniquement avec la main droite.
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Mais même un mouvement libre et fluide est insuffisant si la balle n’est pas frappée proprement et au centre de la face. C’est là qu’intervient le génie de son exercice simple avec des tees. Élément clé de son entraînement et de son échauffement, Woods place deux tees aux extrémités de la face de son putter. «Je dois frapper la balle parfaitement et présenter une face square à l’impact», explique Woods. Les tees sont positionnés si près de la face que tout contact décentré les toucherait immédiatement. Cet exercice l’oblige à trouver constamment le centre exact de la face. Associé au putting à une main, il unit liberté et constance: la liberté par le mouvement fluide, la constance par un contact centré.
Personne n’a trouvé le centre de la face avec autant de régularité que Woods. Un regard sur son putter Scotty Cameron de longue date révèle une zone d’usure de la taille d’une pièce de monnaie, exactement au milieu de la face. Le coach de putting du PGA Tour, Ralph Bauer, explique que cette marque illustre parfaitement le succès de Woods sur les greens. «Ce qui caractérise les grands putters, c’est que leur geste reste constant sur tous les types de pentes», explique Bauer. «Une bonne preuve du fait que Tiger y parvient est qu’il frappe la balle au centre du putter à chaque fois.»
Trouver le centre de la face sur un putt droit est une chose. Mais Bauer souligne qu’il est bien plus difficile de frapper la balle proprement sur un putt avec du break, lorsque la balle se situe au-dessus ou en dessous des pieds. Dans ces situations, même des joueurs techniquement solides ont tendance à légèrement décentrer l’impact, ce qui entraîne des putts tirés ou poussés.
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La trace d’usure sur le putter de Woods montre que cela lui arrive presque jamais – et c’est précisément là que réside, selon Bauer, sa qualité exceptionnelle sur les greens. Deux putts avec du break l’illustrent clairement: Woods frappe la balle exactement au centre de la face à chaque fois.
Cela paraît trop simple? Peut-être personne ne connaît mieux le geste de putting de Woods que son ami de longue date Rob McNamara. Dans la série «My Game», il expliquait ce sur quoi Woods se concentre au putting: «La clé, c’est de frapper la balle toujours au même endroit et de la lancer avec le même loft. Il frappe la balle de manière à la lancer quasiment à chaque fois avec environ quatre degrés de loft. C’est extrêmement difficile.»
Que Woods vise parfaitement à chaque fois ou que sa face de putter s’ouvre et se ferme davantage que celle d’autres joueurs est finalement secondaire. Lorsqu’il s’agit de l’essentiel – un contact pur et un départ constant sur la ligne – personne ne fait mieux que lui.
Photo by Getty Images