Jordan Spieth looks on at the eleventh hole prior to the Travelers Championship 2025 at TPC River Highlands
News ➝ People & Clubs  ·  2026-05-24 12:39:18

Jordan Spieth est trop stable - et ses fans sont perplexes

Il y a dix ans, la grande histoire de Jordan Spieth commençait réellement. Trois titres majeurs avant l’âge de 24 ans, des recoveries impossibles, des putts venus d’ailleurs et une intensité émotionnelle qui fascinait les fans de golf du monde entier. Spieth n’a jamais été un joueur froidement clinique — et c’est précisément ce qui le rendait unique.

Mais en 2026, l’Américain présente une version de lui-même qui laisse beaucoup de ses supporters perplexes. Pas mauvais. Pas spectaculaire. Et surtout: étonnamment stable.

Cette stabilité semble presque paradoxale. Pendant des années, Spieth incarnait le golf du chaos maîtrisé. Birdies depuis les arbres, pars sauvés après des drives égarés et montagnes russes émotionnelles faisaient partie intégrante de son identité. Son retour au premier plan en 2021 reste d’ailleurs un cas d’école. À l’époque, il compensait ses énormes difficultés au driving grâce à un putting exceptionnel, un petit jeu créatif et des fers très solides. Son driver figurait statistiquement parmi les plus faibles du circuit, mais Spieth trouvait malgré tout des moyens de gagner.

Son succès au Valero Texas Open puis sa grande semaine au Masters Tournament avaient donné l’impression que les grandes années étaient de retour. Mais sous une autre forme.

Car en parallèle, Spieth devait gérer des problèmes physiques de plus en plus pesants. Une blessure persistante au poignet a marqué plusieurs saisons, jusqu’à nécessiter une opération en 2024. Pour beaucoup d’observateurs, cette incertitude semblait ensuite contaminer l’ensemble de son jeu, et plus seulement le driving.

Aujourd’hui, le tableau est différent. Spieth manque rarement les cuts. Sur les douze derniers mois, il n’a échoué qu’une seule fois avant le week-end. Les mauvais résultats sont presque systématiquement suivis de performances solides. Le problème, c’est que les grandes envolées ont elles aussi disparu.

T52 au Truist Championship, puis T18 lors du PGA Championship. T63 au Texas Open, suivi d’une 12e place au Masters. Quatre fois exactement 11e ou 12e cette saison — mais aucun top 10.

Les statistiques racontent la même histoire. En 2026, Spieth évolue pratiquement partout dans un registre «bon mais pas élite»: driving, jeu de fers, petit jeu et putting restent solides sans jamais dominer. C’est précisément ce qui définit cette nouvelle version du Texan: un joueur régulièrement compétitif, mais rarement menaçant pour la victoire.

Pour les diffuseurs TV, Spieth reste pourtant une figure centrale du golf mondial. Sa popularité demeure immense. Mais alors que l’ancien Spieth semblait capable de produire un tour magique à tout moment, celui de 2026 paraît souvent bloqué au point mort.

Le récent PGA Championship l’a encore illustré. Après un spectaculaire 62 le vendredi, Spieth s’élançait parmi les derniers groupes samedi avant de reculer avec une carte de 73. Exactement le type de scénario qui nourrit aujourd’hui la frustration de ses fans: l’espoir renaît brièvement, puis retombe aussitôt.

Spieth lui-même décrit toutefois cette période comme un processus à long terme. Il affirme ne plus vouloir compenser ses défauts, mais reconstruire durablement sa mécanique. La santé et la technique sont devenues les priorités absolues.

C’est peut-être là toute la réalité du Jordan Spieth version 2026: il n’est plus un joueur de flambées soudaines, mais plutôt un investissement sur le long terme. Moins spectaculaire, plus contrôlé. Pour ses supporters, cela signifie surtout une chose: patience.

Photo by Getty Images